mercredi 13 novembre 2019

La renaissance de l’Église orthodoxe russe

J'ai participé au numéro 622 du Spectacle du monde (novembre 2019, ci-dessous : la couverture et la première page de l'article) avec un article intitulé "La renaissance de l’Église orthodoxe". Il fait partie d'un dossier nommé "Le retour de l'aigle russe". Le Spectacle du monde est un supplément thématique mensuel de 32 pages inséré dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, en l'occurrence du n°4329 (du 14 au 20 novembre 2019). Ce supplément peut être aussi commandé seul, au format PDF, sur cette page.


mardi 17 septembre 2019

Un moment historique pour l'orthodoxie en Europe occidentale

Historique ! Séparé de l’Église orthodoxe russe depuis 1931, l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, dont le siège épiscopal est la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, est revenu au sein du Patriarcat de Moscou le 14 septembre dernier. L'annonce et son explication ont été faites par l'archevêque Jean et la réponse, positive, a été donnée par le Saint-Synode de L’Église orthodoxe russe. L'Archevêché a joué un rôle de premier plan au sein de l'orthodoxie mondiale au XXe siècle, notamment grâce à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, à son "École de Paris", et à certaines de ses figures comme sainte Mère Marie Skobtsov et à de nombreuses autres personnes également issues de l'émigration russe ou pas, comme Olivier Clément. J'ai diffusé à cette occasion ma courte analyse, qui suit, en la rattachant aux propos du patriarche Cyrille de Moscou, le 15 septembre.

Les paroles du patriarche Cyrille sont très justes et donnent à l'évènement d'hier sa véritable portée et sa véritable mesure.Il souligne notamment : "La tragédie de la révolution, de la guerre civile et de la division de notre Église, de notre peuple a pris fin." Il s'agit d'une réconciliation historique qui se place au regard de l'histoire tragique du XXe siècle. Ne doutons pas également de la force spirituelle d'une telle dynamique. Ce que porte l'Archevêché, issu de l’Église russe et de son renouveau spirituel et académique au XIXe et au début du XXe siècle, son très riche héritage théologique, son témoignage et son histoire, peuvent être ainsi pleinement transmis à la totalité de l’Église russe. Il peut aussi poursuivre son rôle d'espace de rencontre, dont nous avons bien besoin, entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest. Nul doute que la résolution prise lui en donnera les moyens indispensables. Une page de l'histoire se tourne. La suivante peut être tout aussi riche, passionnante et pleine de grâces.

Photographie : la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, siège de l'Archevêché (source). 

Ajout (27 septembre) : j'ai donné un entretien (6:07) à Vatican news sur la situation de l'Archevêché. Il est en ligne sur cette page.

lundi 3 juin 2019

Mon parcours personnel

Je viens de mettre à jour mon "Parcours". C'est une sorte de journal de bord d'évènements qui m'ont marqué, d'étapes, de recherches, d'actions entreprises, de rencontres marquantes, de lectures importantes. Sans être exhaustif, il tâche de rassembler ce qui a pu être significatif dans mon existence. Pour le lire, cliquez ici !

jeudi 7 mars 2019

"Ce livre court mais puissant" "résume magnifiquement bien certains aspects essentiels de la royauté" (recensions)

Deux nouvelles recensions de La royauté et le sacré (Cerf, 2016) ont été publiées il y a peu. L'une est de Franck Abed. Elle est en ligne sur plusieurs sites dont Agoravox et le site "Philosophie, histoire et littérature". La recension présente une lecture des principales parties de l'ouvrage. Elle se termine en soulignant : "L’auteur nous invite « plus qu’à la présence fondatrice et structurante du sacré dans la royauté, à la découverte d’un monde différent du nôtre, en espérant apporter au regard du lecteur et à son être de nouvelles perspectives. Vivifiantes ». Nous les avons réellement appréciées. Ce livre court mais puissant démontre que les questions de la légitimité, de l’autorité et de la tradition sont plus que jamais d’actualité dans notre monde fou car en manque de (re)pères."

L'autre recension, de Rémi Martin, a été publiée sur le site Vexilla Gallia. Et c'est une première pour moi, car le même jour, le 11 février dernier, a été mis en ligne, sur ce même site, une autre recension de mon livre, celle de de Franck Abed évoquée ci-dessus ! Cette deuxième recension commence par observer : "Ce court opuscule facile à lire résume magnifiquement bien certains aspects essentiels de la royauté dans la société humaine, aspects certainement évidents pour les anciens mais tout à fait oubliés pour nos contemporains." Son auteur souligne aussi, notamment : "La grande force de cet ouvrage consiste dans la largesse des exemples pris, qui embrassent tous les résultats d’anthropologie venant de l’étude des royautés dites primitives, mais aussi de nombreux exemple des royautés antiques et païennes, et encore, évidemment, les royautés chrétiennes."

dimanche 10 février 2019

L'influence de l'Église orthodoxe russe et ses relations avec le pouvoir politique

J'ai participé à un débat sur la chaîne de télévision Public Sénat (13e chaîne) sur l'influence de l’Église orthodoxe russe, tant en Russie que dans le monde, et ses relations avec le pouvoir politique. Un sujet vaste et complexe. Il a été diffusé le samedi 9 février et rediffusé le lendemain (sa présentation, une synthèse). Le débat suivait la projection d'un film-documentaire, sur lequel j'ai émis des réserves et pointé quelques erreurs, intitulé "God save Russia" (le documentaire complet diffusé par Arte, disponible jusqu'au 20 juin 2021). Il avait été diffusé par Arte il y a quelques mois. C'est une version augmentée de quelques minutes sur la situation ukrainienne à la fin de l'année 2018 qui a été proposée par Public Sénat. Les trois autres intervenants étaient Galia Ackerman, Cécile Vaissié et Antoine Arjakovsky.

La première vidéo est un extrait, une de mes interventions (durée : 0:34). J'y rappelle que ce n'est pas l’Église qui désigne le pouvoir politique, mais qu'elle l'accepte et très souvent le subit, parfois de manière dramatique. Cela depuis 2000 ans, c'est pourquoi, j'ai mentionné un passage de l'épître aux Romains (chapitre 13) de l'apôtre Paul qui parle de se "soumettre aux autorités supérieures" (voir aussi la première épître à Timothée, chapitre 2). Par contre, l’Église tâche d'exercer une influence dans la société.


 La deuxième vidéo, ci-dessous, présente l'intégralité du débat (34:07).

mercredi 2 janvier 2019

"Le père Serge Boulgakov et le mouvement oecuménique"

J'ai découvert aujourd'hui l'enregistrement de ma participation à un colloque au Collège des Bernardins (présentation, programme), le 28 juin 2014, sur "Serge Boulgakov, un père de l’Église moderne". J'y ai modéré une table ronde sur "Le père Serge Boulgakov et le mouvement oecuménique". L'enregistrement de mon intervention, au cours de laquelle je donne quelques éléments précis de l'orientation du père Serge Boulgakov en faveur de l’œcuménisme, se trouve ci-dessous. J'avais publié peu après le colloque ce compte-rendu (dont la photographie ci-dessus prise lors de cet évènement).

Le rôle oecuménique de l'Institut Saint-Serge

    Le père Serge Boulgakov (1871-1944) fut le premier doyen de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, lequel fut fondé en 1925. L'Institut Saint-Serge joua un grand rôle oecuménique, notamment durant l'entre-deux-guerres. Le père Serge Boulgakov s'est ainsi impliqué dans la fondation et l'essor de la Fraternité Saint-Alban et Saint-Serge au Royaume-Uni, dédiée à la rencontre des anglicans et des orthodoxes, dont le père Lev Gillet s'est occupé par la suite. Il alla aux États-Unis et au Canada et noua d'importants contacts avec l’Église épiscopalienne. Le père Alexis Kniazeff, qui fut recteur de l'Institut Saint-Serge de 1965 à 1991, a écrit (L'Institut Saint-Serge - De l'académie d'autrefois au rayonnement aujourd'hui, Beauchesne, 1974, p. 50) : "Les délégués de l'Institut Saint-Serge purent aussi participer aux deux grandes conférences œcuméniques des années trente. Elles étaient tenues respectivement par les deux grands mouvements Life and Work et Faith and Order, de la réunion desquels après la Seconde Guerre mondiale naquit le Conseil oecuménique des Églises."

L'aide de protestants américains et de grandes organisations internationales

    Enfin, il n'est pas inutile de rappeler, dans l'autre sens, le rôle important joué par des protestants et des organisations protestantes dans l'aide et le soutien d'organisations orthodoxes russes comme l'Acer et Ymca-press (en anglais: 1 et 2). Ce fut aussi le cas pour l'Institut Saint-Serge qui reçut pour sa fondation un important soutien financier de la part d'une éminente personnalité méthodiste, l'américain John Raleigh Mott qui fit une donation de 8000 dollars pour l'achat des lieux (Cf. L'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge - 70 ans de théologie orthodoxe à Paris, Hervas, 1997). John R. Mott fut notamment le fondateur, secrétaire général, puis président de la Fédération universelle des associations chrétiennes d'étudiants (FUACE). Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1946. Il fut l'un des pionniers du mouvement oecuménique au XXe siècle, élu en 1948 président honoraire à vie du Conseil oecuménique des Églises en raison de son grand rôle dans la genèse de cet organisme. Il fut l'ami du saint patriarche  Tikhon de Moscou, qu'il a connu en Amérique (Ibid., p.6). C'est en 1922, à Prague, que l'homme politique et académicien Pierre B. Struve, le professeur et ancien ministre Anton V. Kartachev et le père Georges Chavelsky, ancien aumônier général des armées russes, lui présentèrent l'idée de la création d'une école supérieure de théologie orthodoxe en Europe à laquelle il apporta son soutien et celui de la FUACE (Ibid., p.5-6). La même idée avait été émise la même année à Pékin, lors d'une conférence de la FUACE, par Léon A. Zander, par la suite professeur à l'Institut Saint-Serge, et d'autres personnes, et à Berlin par le philosophe Nicolas Berdiaev ainsi que des universitaires et des théologiens (Alexis Kniazeff, p.42-43). Étant donné qu'en 1922, le métropolite Euloge (Guéorguievski) installa le siège de son diocèse, regroupant les paroisses orthodoxes russes d'Europe occidentale, à Paris, c'est dans la capitale française qu'il fut décidé de créer cette école. D'autres protestants aidèrent également à cette fondation, comme Paul B. Anderson et Donald Alexander Lowrie, tous deux ayant de hautes responsabilités au sein des YMCA (présents en Russie à partir du début du XXe siècle, pour approfondir ce sujet: The American YMCA and Russian Culture de Matthew Lee Miller, 2012; d'Antoine Arjakovsky, La génération des penseurs religieux de l'émigration russe, L'Esprit et la Lettre, 2002), ce soutien ne s'est pas démenti après la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu'un philanthrope israélite, Moisei Akimovich Ginsburg, qui a consenti un prêt au métropolite Euloge "sans intérêts et sans prise de garantie" (Alexis Kniazeff, p. 41). D'autre part, les dons affluèrent aussi bien des milieux orthodoxes que des milieux œcuméniques (Ibid.).



L'ensemble des enregistrements du colloque se trouve ici.

En complément sur ce sujet: l'entretien que j'ai donné à Vatican news en décembre dernier (article et podcast audio) dans lequel j'évoque, entre autres, le rôle oecuménique de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale et de l'Institut Saint-Serge.