Lancée au début de l'été, ma chaîne YouTube compte à ce jour 8 vidéos. Ce sont des entretiens et des enregistrements que j'ai réalisés. Quatre interviews avec : le métropolite Hilarion Alfeyev, Jacqueline Péry d'Alincourt sur Mère Marie Skobtsov et la déportation à Ravensbrück, le cinéaste d'origine roumaine Paul Barba-Negra, l'écrivain Henry Montaigu, plus trois enregistrements de conférences du père archimandrite Placide Deseille et un d'une intervention du père Michel Evdokimov. D'autres vidéos sont en préparation.
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jeudi 24 août 2023
Ma chaîne YouTube
samedi 12 novembre 2022
"Mère Marie Skobtsov, l'amour incarné", un documentaire avec ma participation
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Devant le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah à Paris |
mardi 17 septembre 2019
Un moment historique pour l'orthodoxie en Europe occidentale
Historique ! Séparé de l’Église orthodoxe russe depuis 1931, l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, dont le siège épiscopal est la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, est revenu au sein du Patriarcat de Moscou le 14 septembre dernier. L'annonce et son explication ont été faites par l'archevêque Jean et la réponse, positive, a été donnée par le Saint-Synode de L’Église orthodoxe russe. L'Archevêché a joué un rôle de premier plan au sein de l'orthodoxie mondiale au XXe siècle, notamment grâce à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, à son "École de Paris", et à certaines de ses figures comme sainte Mère Marie Skobtsov et à de nombreuses autres personnes également issues de l'émigration russe ou pas, comme Olivier Clément. J'ai diffusé à cette occasion ma courte analyse, qui suit, en la rattachant aux propos du patriarche Cyrille de Moscou, le 15 septembre.
Les paroles du patriarche Cyrille sont très justes et donnent à
l'évènement d'hier sa véritable portée et sa véritable mesure.Il
souligne notamment : "La tragédie de la révolution, de la guerre civile
et de la division de notre Église, de notre peuple a pris fin." Il
s'agit d'une réconciliation historique qui se place au regard de
l'histoire tragique du XXe siècle. Ne doutons pas également de la force
spirituelle d'une telle dynamique. Ce que porte l'Archevêché, issu de
l’Église russe et de son renouveau
spirituel et académique au XIXe et au début du XXe siècle, son très
riche héritage théologique, son témoignage et son histoire, peuvent être
ainsi pleinement transmis à la totalité de l’Église russe. Il peut
aussi poursuivre son rôle d'espace de rencontre, dont nous avons bien
besoin, entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest. Nul doute que la
résolution prise lui en donnera les moyens indispensables. Une page de
l'histoire se tourne. La suivante peut être tout aussi riche,
passionnante et pleine de grâces.
Photographie : la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, siège de l'Archevêché (source).
Ajout (27 septembre) : j'ai donné un entretien (6:07) à Vatican news sur la situation de l'Archevêché. Il est en ligne sur cette page.
Ajout (27 septembre) : j'ai donné un entretien (6:07) à Vatican news sur la situation de l'Archevêché. Il est en ligne sur cette page.
dimanche 28 février 2016
Un entretien avec Jacqueline Péry d'Alincourt (1919-2009), résistante et déportée à Ravensbrück
Ci-dessous: un entretien que j'ai réalisé tout à la fin de l'année 2008 avec Jacqueline Péry d'Alincourt (1919-2009, photographie ci-contre). Elle y parle tout d’abord de la résistance avec son amie Claire Chevrillon,
de Jean Ayral, puis de Daniel Cordier, au secrétariat de Jean Moulin à Paris, ensuite de son arrestation, des cinq jours
de torture par la Gestapo et de la mise au secret durant six mois à
Fresnes, puis, de la déportation au camp de concentration de Ravensbrück où elle retrouve son amie
Geneviève de Gaulle. Parmi les personnes dont il est aussi question dans
l’entretien : Germaine Tillion, Mère Marie Skobtsov (1) et Margarete Buber-Neuman.
Bien que très malade (elle est décédée moins de quatre mois plus tard), Jacqueline Péry d'Alincourt, ayant alors d'importantes difficultés d'élocution, a accepté de donner cet entretien chez elle. On trouvera ici un portrait biographique d'elle. Son témoignage écrit est sur cette page. Le 27 mai 2015, au Panthéon, dans l'hommage de la nation, le président de la République François Hollande, l'a mentionnée dans son évocation de Geneviève de Gaulle-Anthonioz.
samedi 11 avril 2015
Recension: 52 figures contemporaines lumineuses pour espérer malgré tout dans l'humanité - Un livre de Michel Cool
Au mois d'octobre de l'année dernière, Michel Cool a publié aux éditions Salvator un nouvel ouvrage intitulé La nouvelle légende dorée - 52 saints pour aujourd'hui. Sont présentées dans de courts chapitres 52 personnalités contemporaines, 52 "figures de sainteté" œcuméniques (catholiques, protestantes, orthodoxes), qui furent des lumières pour le monde par le témoignage qu'ils ont donné par leur vie et leur action, et cela de bien des manières. A une heure où certains parlent volontiers avec facilité et bien légèrement de l'obscurantisme des religions, il s'avère très important de montrer qu'il existe aussi de nombreuses figures lumineuses et très positives qui grâce à la foi qui les irradiait ont apporté d'inestimables biens au monde. A ne pas oublier et à mettre en opposition à des actions et à des personnages qui effectivement obscurcissent et blessent cruellement l'humanité et le monde au nom d'une religion. Le livre de Michel Cool est une lecture indispensable et revigorante pour ceux qui doutent de l'humanité et des bienfaits que peuvent apporter, aussi, malgré tout, les traditions religieuses. Une initiative éditoriale intéressante et utile serait maintenant de publier un ouvrage similaire élargi à des "figures de sainteté" contemporaines dans toutes les grandes traditions religieuses du monde. Puis un autre avec des personnalités semblables par la vie et l'action, mais athées ou agnostiques et qui ne se situent pas dans une tradition spirituelle.
Complément: Michel Cool a enregistré sur RCF plusieurs émissions dont chacune présente en quelques minutes une de ces figures. Un exemple: celle qui évoque mère Marie Skobtsov, moniale orthodoxe, Juste parmi les nations, morte en déportation à Ravensbrück la veille de la fête de Pâques 1945, canonisée par le Patriarcat de Constantinople en 2004.
mardi 26 novembre 2013
Sainte de l'Eglise orthodoxe et "Juste parmi les nations", une rue de Paris portera bientôt son nom: ma chronique du 24 novembre
Ma chronique du 24 novembre dans l'émission Lumière de l'orthodoxie, sur Radio Notre-Dame, portait sur la décision récente, par la mairie de Paris, d'attribuer à une voie nouvelle du 15e arrondissement de la capitale, le nom de Marie Skobtsov. C'est un hommage à une grande figure de l'émigration russe à Paris: Mère Marie, à la fois sainte de l’Église orthodoxe et déclarée "Juste parmi les nations" par le mémorial de Yad Vashem. Ci-dessous: le texte de cette chronique.
J’ai la joie de vous annoncer aujourd’hui une excellente nouvelle qui est aussi un évènement : la mairie de Paris a décidé de donner à une voie du 15e arrondissement le nom de rue Marie Skobtsov.
Le 4 novembre le Conseil du 15e a voté la décision et le 12 novembre ce
fut au tour du Conseil de Paris, les deux à l’unanimité. Pour
comprendre la portée de cet évènement, il faut connaître quelques
éléments de la vie étonnante de Marie Skobtsov, que nous appelons plus
volontiers en orthodoxie Mère Marie (photographie ci-dessus).
Née Elisabeth Pilenko, en 1891, à Riga,
alors dans l’Empire russe, issue d’une famille aristocratique, avec des
origines françaises, elle révèle très tôt à Saint-Pétersbourg ses dons
de poétesse et fréquente les salons littéraires en vue. Militante, elle
devient lors de la Révolution de 1917, la première femme maire d’une
ville en Russie. Mais opposante au régime, elle se retrouve sur les
routes d’Europe avec son second mari et ses enfants. Elle arrive
finalement à Paris en 1923. Différents évènements et sa foi l’amènent à
devenir moniale en 1932 sous le nom de Mère Marie. Elle choisit de
rester à Paris pour y exercer une action caritative envers les démunis
de l’émigration russe. C’est ainsi qu’elle crée en 1935 un foyer au 77
rue de Lourmel dans le 15e. Tous les matins, très tôt, elle
part en trainant une charrette jusqu’aux Halles pour récupérer les
invendus et ce que l’on veut bien lui donner afin de nourrir tous les
déshérités qui viennent à son foyer. C’est aussi un lieu de
célébrations, une église s’y trouve, mais également de rencontres
intellectuelles où se rend entre autres Nicolas Berdiaev. Mère Marie fait montre d’une activité débordante et multiple : elle nourrit, écrit, brode, dessine.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le
centre accueille des réfugiés, mais aussi délivre des faux certificats
de baptême, aide certains à échapper aux recherches de l’occupant. En
juillet 1942, Mère Marie parvient à sauver des enfants enfermés au
Vélodrome d’hiver, où elle a pu entrer, en les dissimulant dans des
poubelles. Toutes ces actions lui vaudront, bien des années après, le
titre de « Juste parmi les nations » décerné par le mémorial de Yad Vashem.
En 1943, suite à une dénonciation, elle est arrêtée et déportée au camp
de Ravensbrück. Là, elle est au cœur d’un groupe de prière dans lequel
se trouve notamment Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Mère Marie soutient,
réconforte, prie. Ayant eu la chance de rencontrer une de ses proches
compagnes de captivité, Jacqueline Pery-d'Alincourt (deux entretiens avec elle sur ces pages: 1, 2), membre de ce groupe de prière, j’ai appris
combien la présence et le rayonnement de Mère Marie ont été précieux
pour ses compagnes pour survivre dans cet enfer. Mais, le 31 mars 1945,
qui est cette année-là le vendredi saint, elle est gazée, peut-être en
prenant la place d’une autre personne. En 2004, elle a été canonisée par
le Patriarcat œcuménique de Constantinople en même temps que son fils
Georges, que le prêtre Dimitri Klépinine et Ilya Fondaminsky, un juif
converti à l’orthodoxie, tous œuvrant avec Mère Marie, tous morts en
déportation.
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